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23/05/2012
20:04

Des Services Publics où le Chef de Service est le seul employé !?

 Fadel Sissoko
Vendredi 27 Mai 2011

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Contribution à l’Optimisation du Fonctionnement des nouvelles universités

Dans le cadre de la mise en place de la nouvelle carte universitaire du Sénégal, trois nouvelles universités ont démarré (Thiès, Bambey, Ziguinchor) et bientôt les universités de Kaolack et des Métiers de Saint Louis ouvriront leurs portes.

L’ouverture de ces trois universités, malgré le problème crucial d’infrastructure auquel elles sont confrontées, pourrait permettre de régler les problèmes d’orientation des bacheliers tout en se rapprochant des populations. En effet on assiste à une croissance exponentielle du nombre de bacheliers [(20 000 en 2009 ; 30 000 en 2010 ; entre 37 000 et 38 000 en 2011 (environ 80 000 candidats au Bac en 2011)].

Mais est-ce que ces nouvelles universités utilisent les faibles ressources (qu’elles déplorent) mises à leur disposition d’une manière judicieuse ?

Pour répondre à cette question nous allons prendre le cas de l’Université de Thiès que l’on retrouve quasiment au niveau des deux autres universités.

A l’université de Thiès on distingue une multitude de services (directions, divisions, bureaux, etc.) dont la raison d’être semble mitigée.

En effet en dehors des directions classiques indispensables au bon fonctionnement d’une institution (DRHF, DAF, etc.), les autres services de l’université de Thiès ne comptent en général qu’un seul employé : le chef de service ou le directeur proprement dit.

Au niveau des UFR, Ecoles et instituts on assiste au même phénomène, des départements avec deux ou trois enseignants.

Dans un Service (ou une direction) où le Chef de Service (ou le directeur) est le seul employé, ce dernier sera le chef de qui ?

Et pourtant ces « Responsables solitaires» ont tous les avantages liés à la fonction : indemnités, bons de carburant, etc.

C’est pour cela que les chefs de division sont entrain de tout mettre en œuvre pour que leur division soit érigée en Direction (intérêt personnel). D’où un clanisme qui diminue d’avantage l’efficacité de ces micro-services.

Par ailleurs les nouvelles universités n’ont quasiment pas d’enseignants permanents de rang magistral, l’université la plus dotée est celle de Thiès qui compte environ cinq maîtres de conférences ce qui correspond à un ratio de moins d’un enseignant de rang A par Etablissement. Et tous ces enseignants de rang A ont de lourdes responsabilités administratives (Directeur d’Ecole ou d’UFR, ou Directeur Central). Des Structures telles que l’ISFAR et l’ENSA n’ont aucun enseignant de A.

Les enseignants de rang A étant les seuls habilités à diriger la recherche, pourquoi l’université de Thiès qui n’en a pas s’apprête-t-elle à ouvrir une Ecole Doctorale au mois d’octobre 2011 ?

En nous appuyant sur ces exemples, les idées suivantes permettraient peut être d’améliorer l’efficacité des nouvelles universités, qui à l’origine devaient s’appuyer sur les universités mères (UCAD et UGB) pour les accompagner afin d’atteindre leur vitesse de croisière.

En attendant d’avoir des moyens consistants et d’atteindre une taille critique :

1 - Un regroupement des services centraux des rectorats des nouvelles universités est plus que nécessaire.
Ce regroupement permettra une utilisation optimale des ressources humaines ce qui diminuera la frustration au sein de l’autre partie du personnel qui voit que tous les pouvoirs sont regroupés entre les mains d’une poignée de personnes.
Ces « Supers » Personnes qui ne sont pas plus intelligents que les autres employés ont été coptées sur des critères non démocratiques, ce sont ces mêmes personnes qui sont choisies pour les séminaires (Sally, Saumone, Ngor Diamara, ect.) et qui proposent à la masse des documents volumineux (tirés essentiellement d’internet : copier – coller) pour une validation durant des ateliers de restitution organisés dans les structures de base.

2 – Création de nouveaux départements forts, cellule de base des écoles, avec des filières (filières correspondant aux ex départements miniaturisés de deux ou trois enseignants).

3 – Les nouvelles universités ne devront ouvrir que des formations doctorales adossées à des Ecoles Doctorales de l’UCAD ou l’UGB.
Il faut rappeler que les écoles doctorales de l’UCAD ne sont en réalité qu’un regroupement (une réorganisation) de (s) formations doctorales fortes qui existaient avant le système LMD et malgré cela elles sont présentement confrontées à beaucoup de problèmes.
Ces formations doctorales adossées aux écoles doctorales des universités « mères » pourront favoriser la carrière des enseignants et la création d’équipes de recherches fortes (harmonisation des universités en cours).
Ce n’est qu’après avoir obtenu un nombre significatif d’enseignants permanents de rang magistral, que ces jeunes universités pourront ouvrir des écoles doctorales performantes.
Une Ecole Doctorale ne peut pas marcher correctement si elle ne compte que sur des professeurs associés.
Et si les nouvelles universités s’entêtent à ouvrir leur propre Ecole Doctorale, elles vont tout droit vers d’autres types de problèmes tels que la validité des diplômes.

Les autorités (MESCURU, DGES, « ANAQ », etc.) sont interprétées. Elles doivent demander aux recteurs de rectifier les dérives et s’opposer à la mise en place de choses irrationnelles dans l’intérêt de la nation (Ex : Ecoles Doctorales prématurées, création d’écoles sans textes, etc.).

Fadel Sissoko

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